Connu mondialement pour la licence Pokémon, le studio japonais Game Freak continue de surprendre en s’éloignant de son terrain de jeu habituel. Avec Beast of Reincarnation, le studio dévoile un jeu de rôle d’action multiplateforme ambitieux, à l’identité forte, porté par une direction artistique et narrative bien plus sombre que ce à quoi il nous avait habitués.
Un nouvel aperçu récemment présenté permet d’en apprendre davantage sur cet univers mystérieux, sur ses mécaniques de jeu originales et sur les intentions créatives de ses auteurs. Et une chose est claire : Beast of Reincarnation ne cherche pas à rassurer, mais à faire ressentir.
Le jeu raconte l’histoire d’Emma, décrite comme une « protagoniste exilée », évoluant dans un monde ravagé par une forme de végétation parasitaire appelée le Fléau. Ces plantes corrompues ont proliféré au point de détruire presque toute trace de civilisation humaine. La majorité de la population a péri, laissant derrière elle un monde silencieux, hostile et profondément mélancolique.
Emma n’est toutefois pas seule. Elle est accompagnée de Koo, un loup mystérieux, à la fois compagnon, arme et extension de sa propre force. Ensemble, ils explorent ce monde mourant, où chaque zone semble imprégnée des traces d’une vie disparue.
Dans cet univers, le Fléau ne se contente pas de tuer : il donne naissance à des entités monstrueuses appelées les Maléfiques. Emma possède une capacité unique et terrifiante : elle peut traquer ces créatures et sceller leur mal à l’intérieur de son propre corps.
Cette mécanique narrative forte suggère un thème central du jeu : le sacrifice. Plus Emma combat le mal, plus elle en devient le réceptacle. Une idée qui renforce la tension dramatique et pose la question du prix à payer pour sauver ce qu’il reste du monde.
Pour atteindre son objectif final, Emma et Koo doivent affronter des ennemis encore plus redoutables : les Nushi, des créatures puissantes qui servent de gardiens et de catalyseurs au Fléau. En les vainquant, Emma absorbe leur pouvoir, se rapprochant peu à peu de sa véritable cible : la Bête de la Réincarnation, source ultime de la corruption.
L’une des grandes originalités de Beast of Reincarnation réside dans son système de combat, entièrement construit autour de la relation entre Emma et Koo. Leurs pouvoirs sont intimement liés, et chaque action de l’un influence directement les capacités de l’autre.
Lorsque Emma réussit une parade parfaite face à une attaque ennemie, elle renforce le pouvoir de Koo. Ce dernier peut alors déclencher des techniques dévastatrices appelées Arts Floraison, des attaques spectaculaires et chargées d’énergie, évoquant à la fois la beauté et la violence de la nature corrompue.
Ce système encourage une approche tactique et rythmée du combat, où la défense, le timing et la synergie priment autant que l’agressivité. Le joueur n’incarne pas simplement un personnage, mais un duo indissociable, fonctionnant comme une seule entité.
À la tête du projet se trouve Kota Furushima, réalisateur et scénariste du jeu. Bien qu’il ait précédemment travaillé sur Pokémon en tant que concepteur de combats et responsable du son, Beast of Reincarnation représente pour lui une rupture créative assumée.
Furushima explique avoir commencé le projet en se posant une question simple mais essentielle :
Quelles émotions veux-je que ce jeu fasse ressentir ?
La réponse qui s’est imposée à lui est révélatrice de l’âme du projet :
« un mélange de chaleur, de confiance et de solitude ».
Cette déclaration résume parfaitement l’atmosphère que semble dégager Beast of Reincarnation. Un monde hostile, presque désert, mais où subsistent des liens forts, une forme de douceur fragile et une confiance mutuelle entre Emma et Koo, seuls remparts contre l’anéantissement total.
Développé sur une période de six ans, le jeu a été conçu avec une attention particulière portée à son univers. Selon Furushima, l’équipe a disséminé d’innombrables secrets à travers le monde, cherchant à créer un environnement qui récompense l’exploration et la curiosité.
Chaque zone semble pensée pour raconter une histoire silencieuse, à travers ses paysages, ses ruines et ses créatures. Le « charme profond » évoqué par le réalisateur ne repose pas sur une narration bavarde, mais sur l’atmosphère, la symbolique et les détails laissés à l’interprétation du joueur.
Beast of Reincarnation est attendu cet été sur :
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Xbox,
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PlayStation,
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PC.
Bonne nouvelle pour les joueurs Xbox : le titre sera disponible dès le premier jour sur Xbox Game Pass, rendant cette nouvelle expérience de Game Freak facilement accessible à un large public.
Avec Beast of Reincarnation, Game Freak prouve qu’il est capable de sortir de l’ombre de Pokémon pour proposer une œuvre originale, mature et émotionnellement chargée. Entre action-RPG exigeant, narration symbolique et duo profondément humain, le jeu semble porté par une vision sincère et personnelle.
Un projet à surveiller de très près, tant pour ce qu’il représente pour le studio que pour ce qu’il promet aux joueurs en quête d’expériences marquantes.
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