Projet de rachat d’Electronic Arts : des élus démocrates demandent une enquête approfondie de la FTC

Publié le 28 janvier 2026 à 19:39

Le site WCCFTECH rapporte l’existence d’une lettre ouverte adressée à Andrew Ferguson, président de la Federal Trade Commission (FTC). Ce courrier est signé par 46 membres démocrates de la Chambre des représentants, menés par les coprésidents du Congressional Labor Caucus : Steven Horsford, Debbie Dingell, Mark Pocan et Donald Norcross.
Dans cette lettre, les élus expriment de « sérieuses inquiétudes » concernant un projet d’acquisition d’Electronic Arts (EA) et demandent explicitement qu’il fasse l’objet d’un examen approfondi, relevant pleinement des compétences de la FTC.

Au cœur des préoccupations : un projet de rachat d’Electronic Arts par un consortium regroupant le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (PIF), ainsi que les sociétés de capital-investissement Silver Lake et Affinity Partners.
Pour les élus signataires, cette opération soulève des questions majeures non seulement sur la concurrence dans l’industrie du jeu vidéo, mais surtout sur l’impact direct pour les travailleurs américains.

Dans leur lettre, les représentants rappellent leur attachement à la préservation d’un marché du travail équitable et concurrentiel, ainsi qu’à la protection des emplois aux États-Unis. Selon eux, l’ampleur de cette acquisition justifie une vigilance extrême, compte tenu de ses potentielles conséquences à long terme sur l’ensemble du secteur.

La lettre replace ce projet de rachat dans un contexte particulièrement tendu pour l’industrie du jeu vidéo. Ces dernières années, le secteur a connu une instabilité sans précédent, avec des dizaines de milliers de suppressions d’emplois.
Electronic Arts est directement cité comme ayant contribué à ces licenciements, ce qui alimente les craintes d’une nouvelle vague de réductions d’effectifs si l’opération venait à se concrétiser.

Les élus soulignent également le décalage salarial extrême entre la direction et les employés. À titre d’exemple, le document rappelle que le PDG d’EA, Andrew Wilson, percevrait une rémunération 260 fois supérieure à celle de l’employé moyen de l’entreprise. Un chiffre présenté comme emblématique d’un déséquilibre structurel au sein du groupe.

Autre point central soulevé par la lettre : le poids financier du rachat. L’opération entraînerait pour EA une dette estimée à 20 milliards de dollars.
Selon les représentants, un tel endettement crée une forte incitation à réduire les coûts, ce qui se traduit souvent par des décisions lourdes de conséquences pour les salariés :

  • licenciements massifs,

  • délocalisations,

  • restructurations internes,

  • voire fermetures de studios.

Les élus estiment que ce schéma est malheureusement bien connu dans les acquisitions menées par des fonds d’investissement, et qu’il représente une menace directe pour la stabilité de l’emploi dans le jeu vidéo.

Au-delà de l’aspect social, la lettre met également en avant des préoccupations antitrust. Les signataires pointent du doigt l’ampleur des participations croisées qui résulteraient de cette acquisition, notamment entre les secteurs du sport, des talents sportifs et des jeux vidéo de sport.

Selon eux, cette situation pourrait favoriser :

  • des pratiques d’auto-favoritisme,

  • une coordination anticoncurrentielle entre acteurs dominants,

  • une réduction de la mobilité des travailleurs,

  • et une diminution du pouvoir de négociation des salariés dans l’ensemble de l’industrie.

Ces mécanismes risqueraient, à terme, de verrouiller le marché du travail et d’affaiblir encore davantage la position des employés face aux grandes entreprises.

Le dernier axe majeur de la lettre concerne le cadre légal. Les élus estiment que cette fusion pourrait enfreindre certaines lois antitrust appliquées par la FTC, notamment celles visant à empêcher les fusions qui :

  • nuisent aux travailleurs,

  • compressent les salaires,

  • permettent aux entreprises dominantes de réduire artificiellement la demande de main-d’œuvre.

Dans ce contexte, ils appellent la FTC à jouer pleinement son rôle de régulateur et de protecteur de l’intérêt public.

La lettre se conclut par une demande ferme : la FTC est exhortée à mener une enquête exhaustive sur les conséquences potentielles de cette acquisition, en particulier sur :

  • le pouvoir actuel d’EA en matière de fixation des salaires,

  • la probabilité de licenciements après la transaction,

  • le niveau de concentration du marché du travail selon les régions et les métiers concernés,

  • et le rôle des participations croisées dans les décisions liées à l’emploi.

Pour les signataires, l’enjeu dépasse largement le cadre d’une simple opération financière. Il s’agit de défendre un marché du travail juste, compétitif et respectueux, où les compétences des travailleurs sont réellement valorisées.


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