Sony imagine la manette du futur : un brevet ancien qui révèle une vision radicalement personnalisable

Publié le 2 février 2026 à 13:59

Déposé en février 2013, mais officiellement délivré seulement la semaine dernière, un brevet récemment mis en lumière attire l’attention des observateurs de l’industrie du jeu vidéo. Ce document, attribué à Sony, décrit des « conceptions et méthodes pour une manette de jeu » qui pourraient profondément remettre en question la manière dont les joueurs interagissent avec leurs jeux.

Même si ce brevet date de plus d’une décennie, sa publication tardive relance le débat autour de l’innovation matérielle et de l’accessibilité, deux sujets devenus centraux dans le jeu vidéo moderne.

Selon la description officielle et les illustrations accompagnant le brevet, Sony imagine une manette dotée d’un grand écran tactile couvrant la majeure partie de sa surface supérieure, là où se trouvent traditionnellement les boutons, la croix directionnelle et les joysticks.

Contrairement aux manettes classiques aux boutons physiques fixes, cet écran servirait de surface de contrôle entièrement dynamique, capable d’afficher et de modifier les commandes en fonction des besoins du joueur ou du jeu lancé.

Le cœur de l’idée repose sur une promesse forte : laisser le joueur définir lui-même la disposition de sa manette.

Grâce à l’écran tactile, il serait possible de :

  • Choisir l’emplacement exact de la croix directionnelle

  • Positionner librement les joysticks

  • Déplacer, redimensionner ou supprimer les boutons d’action

  • Adapter les contrôles selon ses préférences personnelles

  • Ajuster la manette à des besoins d’accessibilité spécifiques

  • Modifier la configuration en fonction de chaque type de jeu

En clair, la manette ne serait plus un objet figé, mais une interface évolutive, capable de s’adapter à chaque joueur et à chaque expérience ludique.

Le brevet va plus loin en évoquant des cas d’usage particulièrement parlants :

  • Pour un jeu de plateforme simple, le joueur pourrait supprimer l’ensemble des boutons traditionnels et les remplacer par un seul gros bouton de saut, plus confortable et plus intuitif.

  • Pour un jeu ne nécessitant qu’une croix directionnelle ou uniquement un joystick gauche, il serait possible de supprimer l’un des deux et d’agrandir l’autre pour un meilleur confort.

  • Les joueurs aux mains plus petites ou plus grandes pourraient adapter la taille et l’espacement des commandes.

Cette flexibilité pourrait transformer l’ergonomie des manettes et réduire considérablement les frustrations liées aux contrôles mal adaptés.

Dans le texte du brevet, Sony critique ouvertement les manettes classiques :

« Souvent, les manettes adoptent une interface de contrôle similaire, avec une croix directionnelle d’un côté et des boutons de l’autre. »

Le constructeur souligne plusieurs problèmes récurrents : Une disposition fixe qui ne convient pas à tous les joueurs, des tailles de boutons parfois trop grandes ou trop petites ou une ergonomie parfois inconfortable selon la morphologie.

Même lorsque certains fabricants proposent plusieurs tailles ou variantes, celles-ci ne répondent pas à l’ensemble des profils de joueurs.

Le brevet insiste également sur une demande claire du marché :

« Il existe une demande pour des manettes de jeu permettant différentes configurations et s'adaptant à la taille des mains sans avoir à personnaliser ou à fabriquer des manettes sur mesure. »

Ce point est particulièrement intéressant à la lumière des efforts récents de l’industrie en matière d’accessibilité, à l’image du Xbox Adaptive Controller ou des options de remapping de plus en plus poussées dans les jeux modernes.

La solution imaginée par Sony pourrait, en théorie, offrir une accessibilité native, intégrée directement dans le matériel.

Sony évoque également une autre limite des manettes traditionnelles : le manque d’espace physique.

« En raison de la taille des éléments de contrôle physiques, les commandes de jeu peuvent être limitées. De plus, l’ajout de commandes peut augmenter la taille de la manette. »

Grâce à une surface tactile, ces contraintes disparaissent presque totalement. Les commandes peuvent apparaître, disparaître ou changer de taille sans modifier le gabarit global de la manette.

Le brevet précise que l’écran tactile serait équipé d’un capteur de pression et d’un capteur thermique. Ces capteurs serviraient à « détecter l’état de la surface de contact ». Si Sony ne précise pas s’il s’agit de capteurs simples ou à sensibilité variable, le potentiel est énorme.

Dans le cas de capteurs avancés, la manette pourrait par exemple :

  • Différencier un doigt posé d’un doigt appuyant réellement

  • Adapter la réponse en fonction de la pression exercée

  • Offrir de nouvelles formes d’interactions plus subtiles

Comme toujours avec les brevets, une réalité s’impose : déposer et obtenir un brevet ne garantit absolument pas qu’un produit verra le jour.

Les constructeurs déposent régulièrement des brevets pour protéger des idées, tester des concepts ou anticiper de futures évolutions technologiques, sans que celles-ci ne soient jamais commercialisées.

Néanmoins, ce brevet montre que Sony réfléchissait déjà, dès 2013, à des solutions radicales pour dépasser les limites des manettes traditionnelles — une vision qui résonne particulièrement avec les débats actuels sur l’ergonomie et l’accessibilité.

Reste à savoir si cette idée restera à l’état de concept… ou si elle influencera, d’une manière ou d’une autre, les futures générations de manettes PlayStation.

 


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