PlayStation 5 : Sony résiste, accélère sur les jeux et mise sur les services pour l’avenir

Publié le 5 février 2026 à 16:10

Dans ses derniers résultats financiers couvrant le trimestre clos au 31 décembre 2025, Sony a livré un état des lieux particulièrement révélateur de la santé de la PlayStation 5. Malgré un contexte économique plus tendu et un marché du hardware moins favorable, le géant japonais a annoncé avoir écoulé environ 8,1 millions de PS5 sur le trimestre, soit à peine 100 000 unités de moins que la PlayStation 4 sur la même période à date de lancement équivalente.

Au total, la PS5 atteint désormais environ 92,2 millions d’unités vendues dans le monde, un chiffre impressionnant quand on se souvient des nombreux obstacles rencontrés depuis son lancement : pénuries de composants liées à la pandémie de COVID-19, difficultés logistiques mondiales, et surtout hausse notable du prix de vente. Là où la PS4 était proposée à moins de 350 euros à ce stade de son cycle de vie, la PS5 a vu son prix grimper jusqu’à 550 euros, malgré des promotions ponctuelles, notamment lors du Black Friday.

Forte de ces résultats, la direction de Sony a décidé de relever ses prévisions pour l’exercice fiscal en cours, qui se clôturera le 1er avril. Les ventes de jeux sont désormais attendues en hausse de 4 %, tandis que le résultat d’exploitation est revu à la hausse de 2 %. Plus globalement, le bénéfice net du groupe Sony progresse de 22 % sur un an, signe que la stratégie globale porte ses fruits.

Sony reconnaît toutefois que la période des ventes de fin d’année a été « plus difficile que prévu » sur le plan du matériel. Malgré cela, l’entreprise se félicite d’avoir élargi régulièrement la base installée de la PS5, conformément à son plan initial, démontrant une certaine résilience face aux contraintes du marché.

Un point clé ressort de ces résultats : la baisse légère des ventes de consoles (-0,9 million d’unités par rapport à l’an dernier) n’a pas empêché Sony d’enregistrer d’excellentes performances financières. Pourquoi ? Parce que les revenus logiciels explosent.

Le PlayStation Store a ainsi atteint un niveau de revenus record sur le dernier trimestre, porté principalement par :

  • des franchises majeures de tiers,

  • et plusieurs nouvelles sorties à succès.

À cela s’ajoute le rôle central de PlayStation Plus, dont les revenus ont « largement contribué » aux résultats trimestriels. Sony observe une migration continue des joueurs vers les formules supérieures de l’abonnement, plus chères mais plus rentables. Une stratégie qui s’inscrit clairement dans la volonté de maximiser la valeur de chaque joueur plutôt que de se concentrer uniquement sur les ventes de hardware.

Autre indicateur très positif : la vitalité de l’écosystème PlayStation. En décembre, Sony a enregistré un record historique de 132 millions d’utilisateurs actifs mensuels, tous services confondus. De plus, le nombre total d’heures de jeu a progressé par rapport à l’année précédente, preuve d’un engagement toujours plus fort des joueurs.

Ces chiffres confirment une tendance lourde de l’industrie : la valeur ne se situe plus uniquement dans la vente de consoles, mais dans la durée d’engagement, les achats dématérialisés, et les services récurrents.

Lors de la conférence téléphonique avec les investisseurs, Sony a également abordé un sujet sensible : les pénuries mondiales de mémoire et la hausse de leurs prix, un problème qui a récemment pesé sur les cours boursiers de plusieurs acteurs du secteur, dont Nintendo.

Sur ce point, Sony se montre confiant. L’entreprise affirme disposer de stocks suffisants de composants mémoire pour couvrir l’année civile à venir et assure être en mesure de garantir les volumes nécessaires pour la prochaine période des ventes de fin d’année. Des négociations sont par ailleurs en cours avec différents fournisseurs afin de sécuriser l’approvisionnement à long terme.

Enfin, Sony a réaffirmé un axe stratégique majeur : à ce stade du cycle de vie de la PS5, la politique de vente de matériel peut être ajustée avec davantage de souplesse. L’objectif est clair : minimiser l’impact de la hausse des coûts, notamment ceux liés à la mémoire, en :

  • priorisant la monétisation de la base installée existante,

  • et en augmentant les revenus issus des jeux et des services réseau.

Une approche qui confirme que l’avenir de PlayStation se jouera autant — voire davantage — sur le terrain du logiciel et des abonnements que sur celui du simple volume de consoles vendues.


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