Crise chez Ubisoft : grève massive en France et à l’international face aux restructurations et au retour forcé au bureau

Publié le 11 février 2026 à 15:29

La situation se tend fortement chez Ubisoft. Fragilisé par des difficultés économiques et stratégiques ces derniers mois, le géant français du jeu vidéo traverse une période de restructuration profonde. Et comme souvent dans ce type de contexte, ce sont les salariés les plus exposés qui en subissent les premières conséquences.

Licenciements, plans de départs volontaires, changements dans l’organisation du travail : les annonces successives ont provoqué une onde de choc au sein des équipes. Face à ces bouleversements, une grève massive a débuté le 10 février, portée par plusieurs syndicats, et s’étendra jusqu’au 12 février. Un mouvement social d’ampleur, qui dépasse même les frontières françaises.

Annoncée quelques jours auparavant, cette mobilisation est menée par les syndicats STJV, CGT, CFE-CGC, Solidaires-Informatique et Printemps écologique. Elle concerne principalement les grands pôles français d’Ubisoft :

  • Paris

  • Lyon

  • Bordeaux

  • Annecy

  • Montpellier

Autrement dit, les principaux studios hexagonaux du groupe sont directement touchés.

Mais le mouvement ne s’arrête pas là. Des employés d’Ubisoft Milan, en Italie, ont également annoncé leur participation, estimant que les problématiques actuelles ne concernent pas uniquement la France, mais bien l’ensemble des studios appartenant au groupe.

Cette dimension internationale renforce la portée symbolique de la mobilisation : il ne s’agit pas d’un conflit localisé, mais d’un malaise plus large au sein de l’entreprise.

Depuis les récentes annonces de restructuration, Ubisoft a multiplié les décisions difficiles. Plusieurs licenciements ont déjà été annoncés, tandis que des plans de départs volontaires ont été proposés dans certains studios.

Le cas du studio parisien est particulièrement emblématique : un plan de départ volontaire pouvant concerner jusqu’à 200 postes, soit plus de 18 % des effectifs du site, a été évoqué. Un chiffre conséquent, qui alimente les inquiétudes quant à l’avenir de certaines équipes et projets.

Ces suppressions de postes interviennent dans un contexte où Ubisoft cherche à rationaliser ses coûts et à réorganiser sa production, après une période marquée par des retards, des performances commerciales en demi-teinte et une pression accrue du marché.

À ces suppressions de postes s’ajoute un autre sujet particulièrement sensible : le retour au présentiel à temps plein.

Un accord sur le télétravail existait au sein de l’entreprise, permettant une organisation hybride. Mais selon les syndicats, cet accord serait progressivement mis de côté, avec une demande de retour cinq jours par semaine au bureau.

Pour de nombreux salariés, ce changement représente :

  • Une perte de flexibilité

  • Un déséquilibre vie professionnelle / vie personnelle

  • Une remise en cause d’acquis négociés

Dans un contexte déjà tendu par les restructurations, cette évolution est perçue comme une décision supplémentaire prise sans réelle concertation.

Au-delà des mesures concrètes, la colère exprimée par les salariés vise également la gouvernance du groupe. Beaucoup dénoncent un sentiment d’absence de responsabilisation des dirigeants, estimant que les décisions stratégiques ayant mené aux difficultés actuelles ne sont pas assumées au plus haut niveau.

La direction menée par Yves Guillemot se retrouve aujourd’hui plus contestée que jamais. Pour les syndicats et une partie des employés, les efforts demandés aux équipes ne s’accompagnent pas d’une remise en question visible au sommet de l’entreprise.

Ce climat de défiance nourrit la mobilisation actuelle et renforce la détermination des grévistes.

Ubisoft a déjà traversé plusieurs crises par le passé, qu’elles soient liées à des problématiques internes, à des retards de production ou à des performances financières décevantes. Mais la mobilisation actuelle marque un moment particulier.

Cette crise intervient dans un contexte plus large de transformation de l’industrie du jeu vidéo. Depuis plusieurs mois, de nombreux acteurs du secteur annoncent des restructurations et des vagues de licenciements.

Reste à savoir si ce mouvement débouchera sur des négociations concrètes ou des ajustements de la part de la direction.

 


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