L’histoire du jour concerne un cas plutôt absurde qui a agité les réseaux sociaux ces derniers jours. L’auteur de bande dessinée Olivier Gay s’est retrouvé au cœur d’une polémique après avoir reçu un courrier d’avocat lié au jeu vidéo Clair-Obscur: Expedition 33, développé par le studio français Sandfall Interactive. Le message juridique lui demandait tout simplement d’arrêter de publier et de vendre sa bande dessinée intitulée L’Académie Clair-Obscur.
Face à cette demande, Olivier Gay a rapidement pris la parole sur les réseaux sociaux afin d’expliquer la situation et les raisons pour lesquelles cette initiative lui semblait totalement injustifiée. Dans un thread publié en ligne, il a notamment écrit :
« Je viens de recevoir un courrier d’avocat de la part du jeu Clair Obscur: Expedition 33 de Sandfall Interactive, qui me somme d’arrêter de vendre ma BD éditée chez Drakoo intitulée Académie Clair-Obscur, censée surfer sur le succès incontestable du jeu. Bon. Pour info, c’est un projet qui a été pitché à Drakoo en 2019 et pour lequel j’ai un contrat à ce nom depuis mars 2024, bien avant la sortie du jeu. Donc on est bien d’accord que ça n’a rien à voir avec une volonté de surfer sur quoi que ce soit. »
L’auteur rappelle ainsi que son projet existe depuis plusieurs années déjà. Selon lui, l’idée de L’Académie Clair-Obscur remonte à 2019, bien avant que le jeu vidéo ne soit dévoilé au public. Il souligne également que le contrat pour la bande dessinée a été signé en mars 2024, ce qui renforce l’idée que la création n’a aucun lien avec la popularité du jeu.
Olivier Gay insiste aussi sur un autre point important : le contenu même de la bande dessinée n’a rien en commun avec celui du jeu vidéo. Comme il l’explique lui-même :
« Par ailleurs, la BD n’a rien à voir non plus avec leur histoire, c’est un paysan qui intègre une école de magie de l’élite, et le Clair-Obscur faisait référence à une technique de magie particulière. Parce que c’est ça, le plus frustrant, j’ai en effet joué à Clair-Obscur, j’ai platiné le jeu, je l’ai conseillé sur les réseaux et je voue une admiration sans bornes à la success story de Sandfall Interactive. »
La situation était d’autant plus frustrante pour l’auteur qu’il affirme être lui-même un grand fan du jeu. Il explique avoir terminé le titre à 100 %, l’avoir recommandé à plusieurs reprises et admirer le succès du studio montpelliérain.
Pendant tout un week-end, Sandfall Interactive est resté silencieux face à cette polémique grandissante. Mais la situation a finalement évolué. C’est encore une fois Olivier Gay qui a donné des nouvelles sur ses réseaux sociaux, expliquant que le studio avait pris contact directement avec lui.
Il a ainsi partagé le message suivant :
« Pour ceux qui voulaient savoir la suite de cette histoire, les fondateurs du Studio nous ont contacté directement, et j’espère que nous allons trouver une solution qui conviendrait à tout le monde ! En tout cas, je voulais vous remercier, parce que ce tweet a eu une audience incroyable et que sans vous, ça n’aurais sans doute pas tourné de la même manière. Donc merci, c’est grâce à VOUS. »
La maison d’édition de la bande dessinée, Drakoo, a elle aussi décidé de communiquer publiquement afin d’apporter davantage de contexte sur cette affaire. Dans un communiqué publié sur Bluesky, l’éditeur rappelle que la création d’une bande dessinée est un processus long, qui peut s’étendre sur plusieurs années entre l’idée initiale et la publication finale.
Le communiqué explique notamment :
« Suite à la réception par l’auteur Olivier Gay d’une mise en demeure de la part de l’éditeur du jeu vidéo Clair-Obscur : Expédition 33, nous souhaitons apporter quelques éléments de contexte. La création d’une série de bande dessinée s’inscrit dans un processus long, qui s’étend souvent sur plusieurs années entre la conception et la sortie. L’Académie Clair-Obscur a été imaginée en 2019 et le titre validé avant que le jeu ne soit annoncé. Notre intention n’a jamais été de créer une confusion avec le jeu vidéo, ni de tirer profit de sa notoriété. Il s’agit d’un projet éditorial indépendant, imaginé par nos auteurs et en cohérence avec notre ligne éditoriale. Ni le graphisme ni le récit n’ont de points communs avec le jeu. Depuis samedi 7 mars, nous sommes en contact direct avec Sandfall Interactive pour trouver ensemble une solution respectueuse des droits et des intérêts de chacun. »
Finalement, l’équipe de développement basée à Montpellier a publié une réponse afin de clarifier définitivement la situation. Le studio a d’abord expliqué pourquoi il avait mis du temps à communiquer publiquement.
Dans son message, Sandfall Interactive déclare :
« Bonjour à toutes et tous, désolés d’avoir traîné à communiquer sur le sujet. La situation initiée par les représentants juridiques de notre studio était nouvelle pour nous et complexe à gérer. Nous voulions nous assurer de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes pour être sûrs de comprendre ce qu’il se passait avant de partager des informations avec vous. »
Le studio explique ensuite que cette démarche venait de ses représentants juridiques et qu’elle avait été lancée dans une logique de protection de la propriété intellectuelle, notamment contre les contrefaçons. Cependant, après avoir examiné la situation, Sandfall Interactive a décidé de retirer cette demande.
Dans son message final, le studio conclut :
« Sandfall travaillait à retirer les demandes de notre représentant légal, ce qui est maintenant fait. Leur rôle est de nous protéger notamment contre les produits contrefaits, mais l’action initiée envers la bande dessinée « L’Académie Clair-Obscur » parue en janvier 2026 ne nous correspond pas. Nous avons toujours voulu soutenir les artistes et encourager la créativité, et c’est l’une des valeurs les plus importantes que nous voulons défendre à Sandfall. On souhaite plein de succès à Olivier et Grelin pour leur bande dessinée ! »
Cette affaire, qui semblait au départ être un conflit juridique potentiel entre un studio de jeux vidéo et un auteur de bande dessinée, s’est donc finalement résolue de manière relativement apaisée. Elle rappelle néanmoins à quel point les questions de propriété intellectuelle peuvent parfois créer des situations inattendues, surtout lorsque plusieurs œuvres utilisent des concepts ou des titres similaires sans lien direct entre elles.
Ajouter un commentaire
Commentaires