Asha Sharma clarifie la position de Microsoft Gaming sur l’IA : un outil, pas un substitut à la créativité humaine

Publié le 25 février 2026 à 14:27

Dans une interview accordée à Windows Central, la nouvelle PDG de Microsoft Gaming, Asha Sharma, aux côtés du directeur du contenu Matt Booty, a tenu à clarifier la position du groupe sur l’intelligence artificielle dans le développement des jeux vidéo. À l’heure où l’IA suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes dans l’industrie, le message se veut rassurant : aucune obligation n’est imposée aux studios, et la créativité humaine reste au centre de la vision.

Les deux dirigeants ont expliqué que la direction n’exigeait pas l’utilisation de l’IA dans le développement des jeux. En revanche, celle-ci sera bel et bien employée comme outil de productivité. Il ne s’agit donc pas d’un virage forcé vers l’automatisation, mais plutôt d’une intégration réfléchie dans les processus existants.

 

Sharma a précisé que si l’entreprise utilisera effectivement l’IA pendant le développement, l’essentiel reste la manière dont elle est employée. Pour elle, l’enjeu n’est pas simplement technologique, mais qualitatif. « Je pense que toute nouvelle technologie offre des possibilités en tant qu'outil, mais plus important encore, surtout maintenant, nous devons fixer des limites à ce que nous ne ferons pas », a déclaré Sharma.

Elle insiste sur la nécessité de poser un cadre clair. « C’est ce que j’ai tenté de faire en partageant ma lettre d’ouverture. Je ne polluerai pas notre écosystème avec des productions de piètre qualité. Nous n’aurons pas de production bâclée, ni de travaux dérivés. Je crois profondément aux paroles que j’y ai partagées précédemment. » À travers ces mots, la dirigeante affirme une ligne éditoriale forte : l’IA ne doit pas devenir un prétexte à multiplier des contenus standardisés ou sans ambition.

 

De son côté, Matt Booty a rappelé que l’IA est déjà utilisée chez Microsoft comme outil de productivité, mais qu’elle n’a pas vocation à remplacer la création de ressources artistiques. Il replace cette évolution dans une perspective historique plus large. « Les développeurs de jeux vidéo, de manière générale, sont toujours impatients d’adopter les nouvelles technologies », a-t-il déclaré. « Lorsque Photoshop est apparu, il a fallu environ un mois pour qu’il soit présent dans tous les studios de jeux vidéo de la planète, tant il était utile. »

Pour Booty, l’IA s’inscrit dans cette continuité. Elle représente une technologie supplémentaire susceptible d’optimiser certains aspects du travail, sans effacer le rôle fondamental des créateurs. « Ce que j'entends dans tous nos studios, c'est que ce sont les gens, nos artistes, nos programmeurs, nos scénaristes — ce sont eux qui font le travail créatif. D'après mon expérience, chaque fois qu'une nouvelle technologie apparaît, il y a un besoin accru de spécialistes, de nouveaux spécialistes. Cela rehausse les exigences en matière de qualité des jeux. »

Le dirigeant tient également à dissiper toute idée de pression interne. « Nous ne subissons aucune pression de Microsoft, aucune directive concernant l'IA n'est imposée. Nos équipes sont libres d'utiliser toutes les technologies qui pourraient leur être utiles, que ce soit pour l'écriture de code ou la correction de bugs – des éléments essentiels du processus de production. Comme l'a dit Asha, nous restons fidèles à l'art créé par les humains. La technologie n'est là que pour le soutenir. »

 

À travers cette prise de parole conjointe, Microsoft Gaming cherche à trouver un équilibre délicat. D’un côté, ne pas ignorer le potentiel de l’intelligence artificielle comme levier d’efficacité. De l’autre, éviter l’écueil d’une industrialisation excessive qui fragiliserait l’identité artistique des productions. Le message est clair : l’IA peut accélérer certains processus, mais elle ne remplacera ni la vision, ni la sensibilité, ni le talent des équipes créatives.

Dans un contexte où l’industrie du jeu vidéo est en pleine mutation, cette position marque une volonté d’encadrer l’innovation plutôt que de la subir. Reste à voir comment chaque studio s’appropriera ces outils dans les années à venir, et si cette promesse d’un usage responsable tiendra face aux pressions économiques croissantes.


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