La nouvelle version de la technologie d’upscaling de Nvidia fait déjà beaucoup parler d’elle. Avec DLSS 5, le constructeur souhaite franchir une nouvelle étape dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer le rendu graphique des jeux vidéo.
Jusqu’à présent, les différentes versions du Deep Learning Super Sampling utilisaient principalement l’IA pour augmenter la résolution des jeux ou améliorer leur fréquence d’images. Ces techniques permettaient notamment d’obtenir de meilleures performances tout en conservant une qualité visuelle élevée.
Avec DLSS 5, Nvidia souhaite aller beaucoup plus loin. La technologie ne se limite plus à améliorer la résolution ou les performances : elle intervient désormais directement dans l’apparence visuelle des jeux.
Selon la présentation officielle de l’entreprise, cette nouvelle version utilise un modèle d’intelligence artificielle capable de modifier l’éclairage et les matériaux présents dans une scène afin de produire un rendu beaucoup plus réaliste.
Dans son communiqué, Nvidia explique :
« DLSS 5 prend en entrée les vecteurs de couleur et de mouvement de chaque image du jeu, et utilise un modèle d'IA pour imprégner la scène d'un éclairage et de matériaux photoréalistes, ancrés au contenu 3D source et cohérents d'une image à l'autre ».
L’objectif affiché par la société est de rapprocher davantage le rendu graphique des jeux vidéo de celui des images réelles. Nvidia estime que cette approche pourrait permettre aux développeurs d’atteindre un niveau de réalisme visuel comparable à certains effets utilisés dans le cinéma.
L’entreprise affirme ainsi :
« En comblant le fossé entre le rendu et la réalité, DLSS 5 permet aux développeurs de jeux de proposer un nouveau niveau de graphismes informatiques photoréalistes, auparavant réservé aux effets visuels hollywoodiens ».
Pour éviter de dénaturer complètement les jeux, Nvidia précise que les développeurs conserveront un certain contrôle sur la manière dont ces améliorations seront appliquées. Ils pourront notamment ajuster différents paramètres afin de préserver le style visuel de leurs productions.
La société indique en effet que les studios auront la possibilité d’ajuster :
« l'intensité, la couleur et le masquage pour déterminer où et comment les améliorations sont appliquées afin de préserver l'esthétique unique du jeu ».
Malgré ces promesses technologiques, l’annonce de DLSS 5 n’a pas été accueillie uniquement avec enthousiasme. Sur les réseaux sociaux, plusieurs professionnels de l’industrie du jeu vidéo ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’impact potentiel de cette technologie sur la direction artistique des jeux.
Certains développeurs craignent que l’IA modifie trop fortement l’apparence originale des œuvres, au point de dénaturer le travail artistique réalisé par les équipes de développement.
Parmi les critiques les plus directes figure celle de Steve Karolewics, ingénieur en rendu chez Respawn Entertainment.
Il a ainsi écrit :
« DLSS 5 ressemble à un contraste excessif, une netteté exacerbée et un effet aérographe. Des images remarquablement différentes justifiées par un éclairage photoréaliste ? Non, je préfère m’en tenir à l’intention artistique originale. »
D’autres professionnels ont exprimé des critiques similaires, notamment Jeff Talbot, concepteur artistique dans l’industrie du jeu vidéo.
Selon lui, cette approche pourrait nuire à l’identité visuelle des jeux :
« Ce n’est PAS la direction que devraient prendre les jeux. À chaque plan, la direction artistique a été sacrifiée au profit d’un ajout insensé de “détails”. Chaque plan DLSS 5 était plus moche et moins expressif que l’original. C’est juste un filtre d’IA lamentable. Arrêtons ces bêtises. »
Malgré ces critiques, Nvidia affirme que plusieurs grands éditeurs soutiennent déjà la technologie. Selon l’entreprise, DLSS 5 sera pris en charge par des studios et éditeurs importants de l’industrie.
Parmi eux figurent Bethesda, Capcom, NetEase, NCSOFT, S-GAME, Tencent, Ubisoft et Warner Bros. Games.
L’arrivée de DLSS 5 soulève donc un débat important dans l’industrie : jusqu’où l’intelligence artificielle doit-elle intervenir dans la création visuelle des jeux vidéo ? Si certains y voient une évolution majeure vers un réalisme encore plus poussé, d’autres craignent que ces outils modifient trop profondément l’identité artistique des œuvres.
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