L’industrie du jeu vidéo britannique en crise : un déclin inédit selon TIGA

Publié le 25 mars 2026 à 17:01

Le dernier rapport de TIGA, intitulé « Making Games in the UK », dresse un constat préoccupant pour l’industrie vidéoludique britannique. Après plus d’une décennie de croissance continue, le secteur connaît aujourd’hui un recul historique, marqué par une chute rapide de l’emploi et un ralentissement inquiétant de la création de nouveaux studios.

 

Selon les données couvrant la période jusqu’à septembre 2025, l’industrie a perdu 1 537 emplois en un an, soit une baisse de 4,5 %. Il s’agit du rythme de déclin le plus rapide jamais enregistré, mais aussi de la première diminution depuis 2011, alors que le secteur avait jusqu’ici toujours été en expansion. Le nombre total de développeurs est ainsi passé de 28 516 à 27 347 entre mai 2024 et septembre 2025, malgré une augmentation du nombre de travailleurs indépendants, qui dépasse désormais les 4 245 contractuels.

Le rapport met également en lumière un autre signal alarmant : la chute de la création de nouveaux studios. Pour la troisième année consécutive, ce chiffre est en baisse de plus de 30 %, atteignant son niveau le plus faible depuis 15 ans. Au total, le Royaume-Uni compte désormais 2 110 sociétés de développement de jeux vidéo, contre un pic de 2 175 en 2023.

 

Dans le même temps, 206 entreprises ont fermé leurs portes ou quitté l’industrie au cours de la période étudiée, soit le deuxième chiffre le plus élevé jamais enregistré après 2024. Une dynamique qui témoigne d’un environnement de plus en plus difficile pour les studios, notamment les plus petits.

Face à cette situation, TIGA appelle le gouvernement britannique à agir rapidement. L’association propose notamment de renforcer le dispositif de crédit d’impôt pour les jeux vidéo (VGEC), qui permet actuellement aux entreprises de récupérer 34 % de 80 % de leurs coûts de développement éligibles.

Elle suggère de porter ce taux à 53 % pour les projets dont le budget ne dépasse pas 23,5 millions de livres sterling. Selon ses estimations, une telle mesure pourrait permettre la création de 6 952 emplois. Bien que le coût pour le Trésor public britannique, représenté par HM Revenue and Customs, atteindrait 135 millions de livres sterling, les recettes fiscales générées pourraient s’élever à 156,4 millions, rendant l’investissement potentiellement bénéfique.

 

TIGA va encore plus loin en proposant d’augmenter le seuil des coûts admissibles de 80 % à 100 %. Une réforme qui pourrait, selon elle, générer jusqu’à 10 551 emplois supplémentaires, dont 1 292 directement liés au développement.

Dans ce contexte, le PDG de l’association, Richard Wilson, tire la sonnette d’alarme : « L'industrie britannique des jeux vidéo est la plus importante d'Europe, elle dispose de talents, de studios et d'universités de classe mondiale, et des recherches antérieures menées par TIGA avec l'Université de Portsmouth montrent que le secteur génère 12 milliards de livres sterling de valeur ajoutée brute. »

Mais il met également en garde contre la situation actuelle : « Cependant, après 14 années de croissance ininterrompue, nous constatons aujourd'hui un déclin d'une ampleur et d'une rapidité sans précédent. Sans intervention politique décisive, le Royaume-Uni risque de perdre des milliers d'emplois hautement qualifiés et de céder du terrain à des concurrents internationaux mieux soutenus. Renforcer le VGEC pourrait créer des milliers d'emplois dans le développement, améliorer la situation financière des studios, permettre le développement de nouvelles propriétés intellectuelles et remettre le secteur sur la voie de la croissance. »

Ce rapport met en évidence un tournant critique pour l’industrie britannique du jeu vidéo. Entre pertes d’emplois, fermetures de studios et baisse de l’entrepreneuriat, le secteur fait face à des défis majeurs qui pourraient redéfinir son avenir à moyen et long terme.


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