La fermeture du studio Dark Outlaw Games et l’annulation de son projet par PlayStation continuent de faire réagir. Invité lors d’un live Twitch animé par JC Farmer, Jason Blundell, fondateur du studio, s’est exprimé avec franchise et émotion sur cette décision brutale.
Dès le début de son intervention, le ton est donné. « Sommes-nous déçus ? Oui. Je veux dire, on rit et on plaisante [en direct], mais vous êtes déprimés, vous êtes tristes et vous allez pleurer ce qui aurait pu être, parce que nous étions en train de créer un jeu formidable », confie-t-il, visiblement marqué par la situation. Une réaction humaine qui rappelle la réalité souvent difficile de l’industrie du jeu vidéo.
Pour autant, Jason Blundell tient à clarifier un point essentiel : la qualité du projet n’est pas en cause. Selon lui, l’annulation s’inscrit dans une logique stratégique plus large. « Ce qui est difficile, c'est que tout allait pour le mieux avant, ce que nous faisions fonctionnait bien, mais bon… c'est une grande entreprise, il faut prendre des décisions, et je le comprends parfaitement. » Il ajoute : « Ça fait un peu mal parce qu'on se dit "aïe, c'est fini", mais bon… »
Dans la discussion, il insiste également sur le fait que ce type de décision est courant dans le secteur, même si celle-ci a suscité plus d’attention en raison de son parcours et de son lien avec Sony. « Je peux vous rassurer… c’est simplement que les temps changent, les priorités aussi. Mais le projet sur lequel nous travaillions… je pense que les fans auraient été très enthousiastes. Le meilleur jeu est malheureusement celui auquel on n’a jamais joué. »
L’émotion reste cependant très présente. « Mais bon sang, c'est décevant. Je suis déçu. Vous l'êtes, je le suis, nous l'étions tous, mais c'est comme ça… on a un petit moment – d'ailleurs, je vais pleurer un peu – et puis on se ressaisit, on se relève et on continue. » Une déclaration qui illustre la résilience nécessaire dans un secteur aussi instable.
Malgré tout, Jason Blundell garde une certaine philosophie face à l’échec. Il évoque même une comparaison inattendue : « Rocky n'a pas vaincu Ivan Drago par la force, il l'a vaincu par l'endurance, la passion et la concentration. » Un message clair sur l’importance de persévérer malgré les difficultés.
Un autre élément intéressant de cette prise de parole concerne la nature du projet annulé. JC Farmer a confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un jeu-service en ligne, un point notable dans un contexte où ce modèle est souvent remis en question.
Au-delà de ce cas précis, Jason Blundell rappelle que les annulations font partie intégrante du processus de création. « J'ai terminé des jeux complets et la communauté m'a dit "non, je n'aime pas ça" – c'est encore pire », explique-t-il avec une pointe d’humour. « Que faire ? Recommencer. Recommencer. »
Il conclut sur une vision plus large de l’industrie, marquée par l’adaptation constante : « À mesure que le secteur évolue… il faut s'adapter, évoluer, observer la situation, écouter les demandes, et recommencer. » Une philosophie qui résume bien les défis actuels du jeu vidéo.
Enfin, Jason Blundell évoque également la difficulté d’être exposé médiatiquement, lui qui préfère habituellement rester dans l’ombre : « On préfère être derrière la caméra… et quand le film sort, on dit "regardez !" et puis on retourne dans l'obscurité. »
À travers ce témoignage sincère, c’est toute la fragilité de la création vidéoludique qui apparaît, entre passion, incertitudes et décisions stratégiques parfois brutales.
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