Le studio Gunzilla Games, connu pour son battle royale NFT Off The Grid et sa plateforme blockchain Gunz, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique majeure. Soutenu notamment par le réalisateur Neill Blomkamp, crédité comme cofondateur et directeur créatif, le studio fait face à de graves accusations concernant le non-paiement de ses employés.
C’est Paul Creamer, ancien animateur VFX, cinématique et gameplay ayant travaillé au sein du studio entre mars 2025 et 2026, qui a pris la parole publiquement via LinkedIn. Dans un témoignage particulièrement inquiétant, il affirme que les salaires ne sont plus versés depuis plusieurs mois, une situation qui toucherait plusieurs employés.
Dans son message, il déclare sans détour : « Gunzilla Games n'a pas payé ses employés depuis des mois, mais exige toujours qu'ils travaillent ». Il précise également sa situation personnelle : « Personnellement, je n'ai pas été payé depuis octobre 2025. Certains ont subi des retards de paiement encore plus longs. »
Malgré ces difficultés, Creamer explique avoir continué à travailler pendant plusieurs mois supplémentaires, faisant confiance aux promesses de la direction. « J’ai bêtement travaillé trois mois de plus (octobre, novembre et décembre) en me fiant aux assurances que les retards de paiement seraient résolus. La direction m’avait promis que ces retards étaient temporaires et liés aux difficultés de croissance inhérentes à une jeune entreprise et à un nouveau jeu. »
Selon lui, ces assurances venaient directement du PDG Vlad Korolev. Il raconte : « En décembre, le PDG lui-même (Vlad Korolev) a eu une conversation téléphonique avec mon département au cours de laquelle il nous a promis que les factures seraient payées dès que possible, que l'entreprise était rentable et que nous faisions tous ce qu'il fallait en gardant le silence et en continuant à travailler. »
Cependant, la situation ne se serait pas améliorée. Bien au contraire, Creamer accuse désormais la direction de manque de transparence et de tenter d’étouffer l’affaire : « Il n'était pas honnête et maintenant l'entreprise ignore nos questions et supprime nos publications sur ce qui se passe, dans le but de nous faire taire. Le silence est ce qu'ils espèrent, ils souhaitent que nous disparaissions discrètement. »
Dans un témoignage marqué par une forte désillusion, il ajoute : « Je sais que je ne récupérerai jamais ces salaires perdus, le mal est fait. Gunzilla s'en tirera sans aucune conséquence. Cela se reproduira encore et encore, sans fin. Les artistes continueront d'être exploités, nos passions constamment instrumentalisées. Après tout, nous avons la chance de faire ce que nous aimons, n'est-ce pas ? »
Enfin, il conclut par un message plus large adressé à toute l’industrie : « Le reste du secteur devrait savoir ce qui s'est passé et ce qui continuera de se produire si vous ne vous organisez pas et n'écartez pas ces dirigeants prédateurs qui ne cherchent qu'à s'enrichir et à vous voir humiliés. »
Cette affaire met en lumière des pratiques potentiellement très graves au sein du studio, et soulève des questions plus larges sur les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo, en particulier dans les structures émergentes liées aux nouvelles technologies comme la blockchain.
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