Les joueurs achètent de moins en moins leurs jeux au prix fort, selon une nouvelle étude

Publié le 7 mai 2026 à 14:03

Le marché du jeu vidéo continue d’évoluer rapidement, et une nouvelle enquête met en lumière un changement majeur dans les habitudes de consommation des joueurs les plus investis. Selon le rapport Generations in Play, réalisé par IGN Entertainment en partenariat avec Kantar et University of California, Berkeley, une grande majorité de joueurs engagés ne souhaitent plus acheter leurs jeux au prix fort.

 

L’étude révèle en effet que 62 % des joueurs les plus assidus attendent désormais des promotions, des réductions ou d’autres alternatives avant de passer à l’achat. Le rapport s’appuie sur un vaste sondage mené auprès de milliers de consommateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, tous décrits comme des joueurs « très engagés ».

Les résultats montrent également une fracture générationnelle importante dans la manière de consommer les jeux vidéo. Chez les Millennials, c’est-à-dire les personnes âgées de 30 à 44 ans, 38 % déclarent encore acheter leurs jeux au tarif maximal dès leur sortie. La génération Z, âgée de 14 à 29 ans, affiche un chiffre légèrement supérieur avec 42 %. En revanche, seuls 20 % des membres de la génération X, âgés de 46 à 61 ans, affirment continuer à payer le prix fort.

Pour Karl Stewart, vice-président senior du marketing mondial chez IGN Entertainment, cette étude cible avant tout les passionnés les plus investis dans leur loisir. « Nous parlons de personnes qui disent : “Je n'ai que 24 heures dans la semaine, et c'est ainsi que je choisis d'utiliser mon temps libre” », explique-t-il dans le podcast Brands in Play.

 

Au-delà du simple rapport au prix, l’enquête met aussi en avant des différences profondes dans les habitudes des différentes générations de joueurs. La génération X privilégie encore largement les recherches Google pour découvrir de nouveaux jeux, tandis que les Millennials préfèrent YouTube. De son côté, la génération Z se tourne principalement vers les réseaux sociaux pour trouver ses recommandations et suivre l’actualité vidéoludique.

Les préférences de jeu diffèrent également. Les joueurs de la génération X favorisent majoritairement les expériences solo, alors que la génération Z montre une forte attirance pour les jeux multijoueurs et communautaires. Les Millennials, eux, se situent dans un entre-deux plus équilibré.

Le rapport souligne aussi que la génération X et les Millennials ont davantage tendance à revenir sur un jeu pour le terminer à 100 % ou en maîtriser toutes les mécaniques. À l’inverse, la génération Z semble davantage motivée par les nouvelles options de personnalisation, les mises à jour régulières et les interactions communautaires.

 

Même la façon de consommer les guides de jeu varie selon les générations. Les joueurs plus âgés préfèrent les vidéos explicatives classiques, les Millennials utilisent davantage les cartes interactives et les outils d’aide à l’exploration, tandis que la génération Z se concentre surtout sur les guides de builds et d’optimisation.

L’étude évoque également le rapport très différent à l’intelligence artificielle. La génération X se montre particulièrement méfiante envers l’IA et fait davantage confiance aux marques établies. Le rapport indique qu’elle est « 38 % moins susceptible d'utiliser l'IA pour la recherche et 44 % moins susceptible de croire que les résumés de l'IA sont aussi bons que ceux des humains ».

Karl Stewart estime que cette différence s’explique par l’évolution historique du jeu vidéo et des habitudes de consommation. « Alors que la génération Z, qui vit dans un monde de plateformes, ne s’arrête pas là : les jeux ne disparaissent pas, mais le social et la communauté deviennent une part essentielle de son identité. Elle souhaite donc faire partie d’une communauté où elle peut affirmer : Je suis le mieux informé. Je connais le mieux ce jeu. » 

 

Cette étude illustre ainsi un changement de paradigme important dans l’industrie. Les joueurs modernes ne recherchent plus seulement un produit à acheter, mais une expérience durable, sociale et évolutive. Dans ce contexte, les éditeurs devront probablement continuer à adapter leurs stratégies tarifaires et communautaires pour répondre à des attentes qui changent rapidement.


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