À la suite des annonces concernant la fin progressive des jeux sur disque et la fermeture d'anciennes boutiques numériques, la Video Game History Foundation (VGHF) a réagi en rappelant que le véritable défi n'est plus le support physique, mais la préservation des jeux numériques sur le long terme.
L'association estime que la disparition des disques est certes une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, mais qu'elle ne constitue plus le principal enjeu pour les spécialistes de la conservation. Elle explique : « C’est une mauvaise nouvelle pour ceux qui préfèrent encore acheter des jeux sur supports physiques, et cela porte assurément atteinte aux droits des consommateurs, au marché de la revente et aux créateurs de jeux dont l’activité repose sur le marché physique. Mais du point de vue des professionnels de la préservation du patrimoine, l’impact est moins important qu’on pourrait le penser. »
La VGHF rappelle que la majorité des jeux modernes sont avant tout conçus pour une distribution numérique et que, même lorsqu'ils sortent en version physique, ils reçoivent presque systématiquement une importante mise à jour dès le premier jour. En conséquence, le contenu présent sur le disque ne représente souvent plus la version réellement jouée par les utilisateurs.
Selon l'organisation, les musées et les archives travaillent depuis plusieurs années en tenant compte de cette évolution et savent déjà que conserver des disques ne suffira pas à préserver le patrimoine vidéoludique.
La fondation appelle désormais l'industrie à prendre ses responsabilités et invite notamment l'Entertainment Software Association (ESA) à collaborer avec les institutions patrimoniales afin de mettre en place des solutions légales pour conserver les œuvres exclusivement numériques.
Comme le souligne le communiqué : « Ce qui continue de nous laisser perplexes, c’est ce que l’industrie attend d’institutions comme la nôtre à ce sujet. Si les propriétaires de plateformes décident de supprimer les supports physiques et les anciennes boutiques numériques, nous souhaiterions également que des associations professionnelles comme l’Entertainment Software Association proposent des solutions concrètes permettant aux archives et aux musées de préserver légalement les contenus exclusivement numériques et de les rendre accessibles à la recherche. »
La VGHF conclut en estimant que le problème devient urgent et avertit : « L’industrie doit s’impliquer sérieusement dans cette question, car demander aux musées de télécharger une copie de Grand Theft Auto VI et d’espérer qu’elle fonctionnera dans 50 ans n’est pas une solution de préservation. »
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