Un rapport parlementaire publié le 8 juillet recommande de renforcer les conditions d'attribution des aides publiques accordées à l'industrie du jeu vidéo. L'objectif est d'inciter les entreprises à s'engager davantage dans la lutte contre le sexisme, les violences sexuelles et le harcèlement au sein du secteur.
Les recommandations concernent notamment les principales aides publiques destinées aux studios, comme le Fonds d'aide au jeu vidéo (FAJV) et le Crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV), tous deux gérés par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Le rapport rappelle que le crédit d'impôt jeu vidéo représente environ 50 millions d'euros par an, auxquels s'ajoutent entre 10 et 15 millions d'euros issus du Crédit d'impôt recherche (CIR).
Les parlementaires proposent que les entreprises bénéficiant de ces financements prennent des engagements concrets en matière de prévention et de lutte contre le sexisme et les violences sexuelles. Ils recommandent également d'intégrer dans les écoles spécialisées une formation obligatoire consacrée aux « violences et le harcèlement sexistes et sexuels (VHSS) ».
Le rapport met en avant le manque de diversité au sein de l'industrie. Comme l'a souligné la sénatrice Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes, « Il est nécessaire de mener une politique volontariste de féminisation à tous les niveaux ». Aujourd'hui, les femmes représentent seulement 20 % des effectifs du secteur en France, et à peine 14 % des postes de direction.
Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par plusieurs affaires de harcèlement au sein de grands studios. Le rapport rappelle notamment qu'en juillet 2025, trois anciens cadres d'Ubisoft ont été condamnés à des peines allant jusqu'à trois ans de prison avec sursis pour des faits de harcèlement moral, de harcèlement sexuel et, pour l'un d'eux, une tentative d'agression sexuelle.
Les auteurs du rapport souhaitent également faire évoluer la représentation des femmes dans les jeux vidéo. Ils proposent que les demandes d'aides publiques soient accompagnées d'un formulaire évaluant les représentations féminines et les éventuels stéréotypes de genre présents dans les projets.
Enfin, le rapport s'intéresse aussi au cyberharcèlement dont sont victimes certaines joueuses et créatrices de contenu. Il recommande de renforcer la formation des forces de l'ordre afin d'améliorer la prise en charge des victimes et la lutte contre ces violences en ligne.
Si ces recommandations étaient adoptées, elles pourraient modifier les critères d'attribution des aides publiques au secteur du jeu vidéo et encourager les studios à renforcer leurs politiques internes en matière d'égalité et de prévention des violences.
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