Au Mexique, PlayStation visée par une plainte pour pratiques anticoncurrentielles

Publié le 15 juillet 2026 à 17:05

La décision de Sony d'abandonner progressivement les jeux PlayStation sur disque continue de susciter des réactions. Au Mexique, deux parlementaires ont annoncé leur intention de déposer une plainte auprès de la Commission nationale antitrust afin qu'une enquête soit ouverte sur Sony Interactive Entertainment pour de possibles pratiques anticoncurrentielles.

 

Le député fédéral Iraís Reyes et le sénateur Luis Donaldo Colosio estiment que la disparition des supports physiques limiterait considérablement le choix des consommateurs. Comme l'explique Reyes : « Si les disques disparaissent, les possesseurs d'une PlayStation ne pourront plus choisir où acheter leurs jeux et seront obligés de les acheter exclusivement sur la boutique Sony. »

Selon les deux élus, cette situation pourrait permettre à Sony de devenir le distributeur exclusif des jeux sur sa plateforme, réduisant la concurrence entre les revendeurs et supprimant progressivement le marché de l'occasion, du prêt et de la collection.

Luis Donaldo Colosio souligne également les inquiétudes liées à la propriété numérique : « Les consommateurs cesseraient de posséder véritablement leurs jeux vidéo. Avec la distribution numérique, on n'achète plus un jeu au sens traditionnel du terme ; on achète une licence. »

Les parlementaires rappellent aussi plusieurs précédents, notamment le retrait de certains contenus numériques achetés par des utilisateurs européens et la révocation annoncée de centaines de licences de films et de séries, pour illustrer les risques liés à un modèle entièrement dématérialisé.

 

Autre sujet de préoccupation : l'accès à Internet. Selon Colosio, imposer un écosystème exclusivement numérique ne tient pas compte des importantes disparités d'infrastructures existant dans certaines régions du Mexique.

Les auteurs de la plainte estiment également que les développeurs pourraient être pénalisés. Sans distribution physique, les éditeurs dépendraient entièrement de l'infrastructure numérique de PlayStation, de ses commissions et des conditions commerciales imposées par Sony.

Enfin, les élus considèrent que cette stratégie pourrait conduire à une concentration excessive du marché. Comme le résume Iraís Reyes : « Sony deviendrait à la fois l’arbitre et l’acteur de son propre écosystème, et nous savons ce qui peut arriver lorsqu’une seule entreprise contrôle l’intégralité du marché. »

De son côté, Sony pourrait faire valoir que les jeux continueront d'être vendus en magasin sous forme de boîtes contenant un code de téléchargement, ce qui permettrait toujours aux distributeurs physiques de commercialiser les titres. Reste à savoir si cet argument sera jugé suffisant par les autorités mexicaines.


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