Les pratiques commerciales de plusieurs acteurs majeurs du jeu vidéo sont dans le viseur des autorités européennes. L’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a annoncé des « actions coordonnées » dans le cadre du Réseau de coopération pour la protection des consommateurs. Dix entreprises sont concernées par cette initiative, qui vise à examiner des pratiques susceptibles de « nuire aux intérêts des consommateurs », notamment en matière d’achats intégrés et de monnaies virtuelles.
Cette initiative concerne les activités européennes de dix sociétés : Activision Blizzard Royaume-Uni, Crytek, InnoGames, King.com, Mojang AB, Plarium Europe, PLR Mondial, Riot Games, Supercell et Ubisoft EMEA. Il est important de préciser que les actions européennes visent actuellement les filiales et les succursales implantées dans les régions concernées, et non nécessairement l’ensemble des activités mondiales de ces entreprises. L’objectif est d’examiner différentes pratiques commerciales dans les jeux vidéo et de déterminer si certaines d’entre elles portent atteinte aux droits des consommateurs.
L’un des principaux sujets concerne les monnaies virtuelles utilisées pour effectuer des achats intégrés. Dans de nombreux jeux, les joueurs doivent acheter des devises numériques, parfois appelées « platine », « globes » ou « diamants », afin d’obtenir des objets cosmétiques ou des améliorations, notamment pour les armes. Le problème soulevé concerne la manière dont ces monnaies sont présentées et vendues. Les joueurs doivent généralement acheter des lots de devises avec de l’argent réel, ce qui peut rendre le coût réel des objets moins évident à comprendre. Les autorités souhaitent donc examiner la transparence des prix et l’équité de ces mécanismes commerciaux, notamment lorsque les joueurs doivent passer par plusieurs étapes pour convertir leur argent en monnaie virtuelle, puis utiliser celle-ci dans le jeu.
L’Autorité italienne de la concurrence s’intéresse plus particulièrement à certaines sociétés du groupe Microsoft, notamment en raison de pratiques liées à Diablo Immortal et Call of Duty. Son communiqué précise : « Cette action coordonnée offre donc un contexte plus large aux enquêtes lancées précédemment par l'Autorité au niveau national en décembre dernier, concernant certaines sociétés du groupe Microsoft et leurs liens avec les jeux vidéo Diablo Immortal et Call of Duty. L'Autorité s'était inquiétée du manque de transparence et d'équité dans l'utilisation des monnaies virtuelles au sein de ces jeux par les sociétés concernées. » Ces investigations s’inscrivent donc dans la continuité de préoccupations déjà exprimées au niveau national. Elles visent à déterminer si les mécanismes d’achat et l’utilisation des monnaies virtuelles respectent les règles de protection des consommateurs.
Au-delà des achats intégrés, l’initiative porte également sur d’autres pratiques susceptibles de poser problème aux joueurs et à leurs familles. Les autorités s’intéressent notamment aux contrôles parentaux jugés insuffisants, ainsi qu’aux difficultés rencontrées par les utilisateurs lorsqu’ils perdent l’accès à leur compte ou cherchent à obtenir de l’assistance. L’objectif est de vérifier que les entreprises fournissent des informations suffisamment claires, proposent des outils de protection adaptés et permettent aux consommateurs de faire valoir leurs droits.
Avec cette action coordonnée, les autorités européennes renforcent leur surveillance des pratiques commerciales dans le secteur du jeu vidéo. Les monnaies virtuelles, la transparence des achats intégrés, les contrôles parentaux et l’assistance aux joueurs figurent parmi les principaux sujets examinés. Il reste à connaître les conclusions de ces démarches et les éventuelles mesures qui pourraient être prises contre les entreprises concernées. Cette initiative pourrait néanmoins contribuer à clarifier les règles applicables aux achats intégrés et à renforcer la protection des joueurs européens.
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